lundi 19 avril 2010

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En quelques minutes la soirée a basculé. En fait elle m'a rappelé un peu plus tard, elle avait été invité par la suédoise au restaurant. Soirée plan pourri, je me casse chez une autre copine, j'ai trois quart d'heure de métro plus rer en prévision. Un bouquin, un peu de musique, je n'attendrais pas plus longtemps.

Non, je n'attends plus personne aujourd'hui. J'ai passé toute ma vie à attendre, j'ai toujours attendu…
J'ai une patience à toute épreuve et j'arrive toujours en retard, ça doit avoir un rapport.

4

C'est bien mon problème, je ne sais pas gavé les oies. Je suis un paysan de l'amour, je ne vis pas de rêves. Je respire la terre moite, j'en connais chaque parcelles et quand je regarde au loin, il n'y a rien que je n'ai déjà exploré. J'ai l'intelligence du terroir, je sais reconnaître le merveilleux tapi dans la broussaille. Je sais que les fleures sont peureuses et qu'elles éclatent au matin, je sais que les petits oiseaux ne chantent vraiment que seuls, libres, avec la rosée. Les paysages vierges de mes pas ont ma tendresse tout autant, je suis un explorateur du quotidien, un enfant aux yeux naïfs, prêt à accueillir le monde.

3

Mon ex décroche, de sa petite voix mielleuse pleine de promesses, de sa petite voix qui glisse et saoule, de sa petite voix qui est une liqueur. Je l'entend parler et j'échappe un souvenir, ce genre de souvenir dont il ne faut pas se souvenir quand on doit aller au tableau. Elle le sait sûrement, cette femme me rend fou.


On papote, on échange les banalités d'usage et la conversation finit par :
- « partouze ? »
- « Ok »
- « Hahaha, je savais bien que tu allais répondre ça. »

Mais son ok ne ressemble pas à une blague. Elle vient de m'inviter dans son chez soi. Et son chez soi est un palais. Personne ne refuse une telle invitation, peu de personnes sont invités. Je suis un privilégié, avec un écrivain qui a écrit un bouquin qui porte son prénom et qui la courtise depuis bientôt un an. Il sait sûrement qu'il est invité, elle lui a laissé un petit carton rose parfumé de fantasmes qu'il lui a savamment enfourné dans le crâne, comme on gave une oie. C'est drôle, quand elle en parle, son foie ne bouge pas, ce sont ses cuisses qui tressaillent.

mardi 13 avril 2010

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La vaguelette, ça n'a jamais valu la maîtresse d'école, même une maîtresse moche. Une maîtresse, on peut toujours dire un tas de saloperies sur sa vieille robe, on peut lui cracher du papier mâché dans le dos, lui éclater une recharge de stylo sur la chaise, on peut aussi sentir son parfum, sans comprendre la signification d'une odeur suave.

On a pas la queue qui dresse pour un oui ou pour un non à cette âge là, mais on s'amuse pas moins. D'ailleurs, c'était pas toujours fandare de se faire prendre en flag avec la queue qui dresse. J'ai toujours su me débrouiller pour la recaler vite fait avant de traverser cette pièce, bordée de tables pleines à craquer de jeunes pisseuses qui souriaient, toutes rouges comme un braquemart, en regardant nos braguettes faire du zèle.

Moi, je me levais, fière, et puis j'allais répondre correctement au tableau. Depuis, je penche à droite.

Tu parles Charles.

L'amour et l'amitié

J'ai quelque chose de très important à finir actuellement, et qui me demande beaucoup d'énergie. Je n'en ai plus pour le reste. Ce qui fait que je n'ai pas grand chose à poster. Je me décide donc à partager ce qui suit. Ca fait quelques temps que j'ai commencé à écrire ce texte… Les pages s'accumulant, il prend de plus en plus des allures de nouvelle. Je le laisse ici, sous forme d'épisodes…

1

Moi, j'en suis à un demi litre de vin et une cinquantaine de pages de Bukowski. Ça me fait marrer ses conneries, et puis ça m'excite aussi. Des fois je finis par bander. Ouais c'est plagié. Je m'en fous. C'est le seul que je peux lire complétement bourré. Il parle bien aux mecs la tête pleine de merde. Un homme sans rêves, un roc qui vibre au son de la vie de tous les jours.

Mon ex m'a invité à passer chez elle, elle héberge une superbe suédoise. Ça, c'était avant que je la vois. Elle est pas mal quand même, avec ses cheveux peroxydés.
Mon ex est pas mal non plus, des fesses à damner n'importe quel chrétien. Ces deux belles formes ne ballotent presque jamais. Elles flottent. Ses jupes lévitent. J'ai toujours regardé son cul comme on prie, avec révérence, avec un respect profond. Je ne crois pas en grand chose, mais je crois en un cul bien fait.

A l'origine, le texte que j'essaie de rédiger en ce moment est un message que j'ai envoyé de mon nouveau téléphone. Un truc qui peut aller sur internet, mais pas assez pour les sites de culs. Trop de fois que je répète cul. Je sais pas si c'est de la branlette (mon téléphone). Tiens branlette n'existe pas dans mon correcteur d'orthographe. C'est chose faite. C'est important qu'un ordinateur sache écrire branlette.

Mon ex m'invite donc ce soir là. Pour dire vrai, je l'ai appelé, ça faisait longtemps que j'avais pas donné de nouvelles. J'ai débarqué comme un clando sur Paris y a quelques semaines. Deux pour être exacte. J'aime bien être exacte. C'est de la connerie, mais j'aime bien le dire, même si je sais pertinemment que personne ne peut l'être, même un ordinateur qui sait écrire branlette. Même l'observation la plus pointue ne peut être exacte, le regard influe toujours sur l'observation, comme les mots influent sur notre verbiage. On tente de faire comprendre un truc qu'on comprend jamais vraiment. Et puis c'est quand on comprend qu'on passe à côté de tout. Y a des gens très bien qui passent leur vie à bien comprendre. Ils passent à côté, comme des cons. Ils ne comprennent rien de plus que ce qu'ils avaient déjà compris. Ils ont compris, un jour, une bonne fois pour toute, et c'était fini.

Bande de cons !

Moi aussi je suis un con. J'ai juste la politesse de rien comprendre. Comme ça j'ai plein d'amis et de gens autour de moi qui me trouvent sympathique. Et puis ça me permet de dire tout un tas de trucs franchement piqués des vers du nez sans en avoir l'air. Ça fait de moi un branleur agréable.

Putain mon ordi est une vrai gamine nourrit de catéchisme, il ne sait pas écrire branleur ! Il me souligne tout ça avec sa vaguelette rouge...

mercredi 17 février 2010

L'enfant caché derrière des yeux

C'est un après-midi de froid mordant, les gouttes s'enlacent et glissent, elles s'aiment contre la vitre battue de leur vigueur. L'enfant à l'intérieur, caché derrière des yeux, ne connaît pas le sombre spectacle qui se répand. La vie rigole sur le verre et il rit avec elle, l'enfant caché derrière des yeux tristes.

En bas, le monde est en eau, il sue. C'est que ça grouille et ça s'affaire, ça grignote et ça se creuse. Les choses importantes, elles se font en courant ! Alors, les fils du destin qui clapotent sur leur tête, se croisent et s'emmêlent. Tout trépigne et crépite, s'agite et se cogne, les phares lâchent leurs longues langues de flammes et révèlent la fumée des corps qui s'échappe. On voit presque les soucis dans l'ombre des passants. La bouche de métro dégueule un flot de jambes, de bras et de torses, de bile, d'entrailles et de sang. Ça sent la chair, les narines de la ville frémissent. Comme des moustiques, les êtres s'agglutinent sous les lumières des placardes pleines de filles nues. La ville tente la bête en chaque homme, elle rêve que tout ce fatras d'organes copule et jouisse. Elle s'énerve en vain, on ne baise pas la tête vide et le ventre plein.
L'enfant, de son mirador, joue avec ses mains. Bras tendus, deux doigts dépassent, ils pointent quelque chose en bas. Son autre main recouvre la première, il appuie sur la gâchette. Les poignets dansent sous le recul, un-à-un les parapluies meurent sans bruits. Il souffle pour dégager les dernières volutes du canon et retourne à la contemplation du monde qui vibre.

Soudain, le ciel s'abat, grandiloquent. Les mauvaises augures frondent et griffent. Des flèches percent la voute. L'horizon est strié, il y a comme des traines qui relient ceux d'en bas aux nuages. Alors, l'enfant caché derrière des yeux, pince la trame du métier à tisser la vie. Il attrape, avec la douceur d'une mère, les brins mêlés de laine. Il suspend le temps d'un geste, et, du bout de ses mimines, donne un peu de calme sur la place. A l'abri sous les arbres du square, bordé de bagnoles, il déplace en marchand, les hommes et les femmes. Les marionnettes s'asseyent et attendent. Il leur refait une histoire d'amitié, donne aux enfants dans les bras de leur père un regard brillant. Dans les corps des vieillards, il efface la douleur, pour qu'ils fassent peur aux moineaux. En tirant les ficelles, il rapproche des amoureux inconscients, et par saccades, fait piaffer les petites filles qui épient.
Et puisque l'enfant et Dieu c'est pareil, il appelle l'azur pour que l'or coule. Avec sa tête, il ouvre en grand une place pour le soleil. Il tire sur les cordes et les têtes se lèvent. Les rayons qui filtrent par les feuilles illuminent les sourires.

lundi 1 février 2010

Rapide et court.

Des mots apparus comme la nausée.

- « Je suis pas devant, je suis pas là. Vous occupez pas de moi ! ». Rien à foutre de leurs histoires sordides. Je n'ai rien à faire avec les gens qui sourient. Je n'ai pas envie de grands espaces, ni de chevrolets…
Personne ne me reconnaît, personne me connaît en fait. On me confond même, tellement je n'existe pas.

La vague de chaleur est passée. Je dois y retourner. Je ne fais pas de claquettes, pas de délices, je suis déjà à bout. Mais je vais y retourner. Je dois y retourner. Je le dois, parce que c'est le seul moyen que j'ai pour m'en imprégner. Là, dans le souvenir, ça ne ressemble à rien que l'on puisse connaître. Comme moi. On ne connaît pas. On ne peut pas imaginer. Les sensations, d'ailleurs, ne s'imagine pas. C'est un point que vous ne pouvez pas ne pas entendre. L'histoire des toxicos prend naissance ici même. Nous devions gouter pour vous. Sans nous, rien ne serait découvert. Le premier objet porté à la bouche est sans aucun doute un danger. Un danger sans précédent, qui a marqué l'humanité au fer rouge. Le goût inexprimable, c'est ce que nous recherchons. Nous sommes au delà des mots. Inexprimable et incompréhensible, c'est un sacerdoce. Vous êtes échoués, nous continuons de ramer. Simplement, nous sommes ceux qui n'ont jamais arrêté de croire, croire en l'azur et la terre mélangés. Croire au sublime qui ne peut exister que loin de l'imaginaire. Là où nous sommes il n'y a pas de rêves. Entendez nous bien, IL N'Y A PAS DE RÊVES ! Seulement un moment qui est nommé dieu. C'est un pur réel.

La deuxième vague monte. Elle est courte, trop courte. Je ne me suis pas laissé aller. J'ai envie de pisser. Vous savez ce que c'est, d'avoir envie de pisser. Comme un gamin qui se retient et qui sent, à cet endroit, une poussée précieuse. Comme une enfant qui, les mains entre les jambes, plie les genoux vers l'intérieur et tremble. Je dois y aller.

Je suis dans la troisième. Pile dedans. Le monde, devant mes yeux, est d'un blanc laiteux. Mais tout disparaît, encore une fois trop vite. Les effets d'une prise prolongée commence à se faire sentir. La pression s'accélère, la vision est quelque peu troublée. Un flux et reflux parcours mon corps, c'est un trouble feutré, ma peau est en effervescence. Je décroise les jambes, toute pression est une souffrance. Je dois avoir une plaie à la naissance de ma narine gauche. Sûrement une erreur de rasage. J'ai mal mais ça va aller.

Les images de la télé s'épaississent. Charlotte Gainsbourg chante. J'ai toujours préféré son père, sauf pour la masturbation. Charlotte est une perle française. Il existe dans ce pays des femmes au charme inégalable. Vous me direz, je suis un français qui aime les françaises, quoi de plus logique, j'ai été élevé à ce petit lait là. Mais les françaises brisent l'ambiance des filles bien faites, elles sont belles sans ça. Les françaises ont de la gueule. Je ne parle pas de ces connes nourries à la télé-réalité ou à ce fameux chanteur qui n'est pas français mais qui nous les brise menu encore plus depuis que le président de notre pays est un furieux amouraché de ce gueulard sans éthique. Nan ! Je parle des tronches cassées, des beaux visages tristes, des névroses magnifiques qui habillent comme aucune lingerie. J'aime les filles qui souffrent et qui font souffrir. Sans ça, il n'y a rien.

La quatrième.

Il va y en avoir beaucoup, jusqu'à ce qu'on me rappelle à autre chose. Pour l'instant je suis seul et j'écris n'importe quoi.