mercredi 17 février 2010

L'enfant caché derrière des yeux

C'est un après-midi de froid mordant, les gouttes s'enlacent et glissent, elles s'aiment contre la vitre battue de leur vigueur. L'enfant à l'intérieur, caché derrière des yeux, ne connaît pas le sombre spectacle qui se répand. La vie rigole sur le verre et il rit avec elle, l'enfant caché derrière des yeux tristes.

En bas, le monde est en eau, il sue. C'est que ça grouille et ça s'affaire, ça grignote et ça se creuse. Les choses importantes, elles se font en courant ! Alors, les fils du destin qui clapotent sur leur tête, se croisent et s'emmêlent. Tout trépigne et crépite, s'agite et se cogne, les phares lâchent leurs longues langues de flammes et révèlent la fumée des corps qui s'échappe. On voit presque les soucis dans l'ombre des passants. La bouche de métro dégueule un flot de jambes, de bras et de torses, de bile, d'entrailles et de sang. Ça sent la chair, les narines de la ville frémissent. Comme des moustiques, les êtres s'agglutinent sous les lumières des placardes pleines de filles nues. La ville tente la bête en chaque homme, elle rêve que tout ce fatras d'organes copule et jouisse. Elle s'énerve en vain, on ne baise pas la tête vide et le ventre plein.
L'enfant, de son mirador, joue avec ses mains. Bras tendus, deux doigts dépassent, ils pointent quelque chose en bas. Son autre main recouvre la première, il appuie sur la gâchette. Les poignets dansent sous le recul, un-à-un les parapluies meurent sans bruits. Il souffle pour dégager les dernières volutes du canon et retourne à la contemplation du monde qui vibre.

Soudain, le ciel s'abat, grandiloquent. Les mauvaises augures frondent et griffent. Des flèches percent la voute. L'horizon est strié, il y a comme des traines qui relient ceux d'en bas aux nuages. Alors, l'enfant caché derrière des yeux, pince la trame du métier à tisser la vie. Il attrape, avec la douceur d'une mère, les brins mêlés de laine. Il suspend le temps d'un geste, et, du bout de ses mimines, donne un peu de calme sur la place. A l'abri sous les arbres du square, bordé de bagnoles, il déplace en marchand, les hommes et les femmes. Les marionnettes s'asseyent et attendent. Il leur refait une histoire d'amitié, donne aux enfants dans les bras de leur père un regard brillant. Dans les corps des vieillards, il efface la douleur, pour qu'ils fassent peur aux moineaux. En tirant les ficelles, il rapproche des amoureux inconscients, et par saccades, fait piaffer les petites filles qui épient.
Et puisque l'enfant et Dieu c'est pareil, il appelle l'azur pour que l'or coule. Avec sa tête, il ouvre en grand une place pour le soleil. Il tire sur les cordes et les têtes se lèvent. Les rayons qui filtrent par les feuilles illuminent les sourires.

lundi 1 février 2010

Rapide et court.

Des mots apparus comme la nausée.

- « Je suis pas devant, je suis pas là. Vous occupez pas de moi ! ». Rien à foutre de leurs histoires sordides. Je n'ai rien à faire avec les gens qui sourient. Je n'ai pas envie de grands espaces, ni de chevrolets…
Personne ne me reconnaît, personne me connaît en fait. On me confond même, tellement je n'existe pas.

La vague de chaleur est passée. Je dois y retourner. Je ne fais pas de claquettes, pas de délices, je suis déjà à bout. Mais je vais y retourner. Je dois y retourner. Je le dois, parce que c'est le seul moyen que j'ai pour m'en imprégner. Là, dans le souvenir, ça ne ressemble à rien que l'on puisse connaître. Comme moi. On ne connaît pas. On ne peut pas imaginer. Les sensations, d'ailleurs, ne s'imagine pas. C'est un point que vous ne pouvez pas ne pas entendre. L'histoire des toxicos prend naissance ici même. Nous devions gouter pour vous. Sans nous, rien ne serait découvert. Le premier objet porté à la bouche est sans aucun doute un danger. Un danger sans précédent, qui a marqué l'humanité au fer rouge. Le goût inexprimable, c'est ce que nous recherchons. Nous sommes au delà des mots. Inexprimable et incompréhensible, c'est un sacerdoce. Vous êtes échoués, nous continuons de ramer. Simplement, nous sommes ceux qui n'ont jamais arrêté de croire, croire en l'azur et la terre mélangés. Croire au sublime qui ne peut exister que loin de l'imaginaire. Là où nous sommes il n'y a pas de rêves. Entendez nous bien, IL N'Y A PAS DE RÊVES ! Seulement un moment qui est nommé dieu. C'est un pur réel.

La deuxième vague monte. Elle est courte, trop courte. Je ne me suis pas laissé aller. J'ai envie de pisser. Vous savez ce que c'est, d'avoir envie de pisser. Comme un gamin qui se retient et qui sent, à cet endroit, une poussée précieuse. Comme une enfant qui, les mains entre les jambes, plie les genoux vers l'intérieur et tremble. Je dois y aller.

Je suis dans la troisième. Pile dedans. Le monde, devant mes yeux, est d'un blanc laiteux. Mais tout disparaît, encore une fois trop vite. Les effets d'une prise prolongée commence à se faire sentir. La pression s'accélère, la vision est quelque peu troublée. Un flux et reflux parcours mon corps, c'est un trouble feutré, ma peau est en effervescence. Je décroise les jambes, toute pression est une souffrance. Je dois avoir une plaie à la naissance de ma narine gauche. Sûrement une erreur de rasage. J'ai mal mais ça va aller.

Les images de la télé s'épaississent. Charlotte Gainsbourg chante. J'ai toujours préféré son père, sauf pour la masturbation. Charlotte est une perle française. Il existe dans ce pays des femmes au charme inégalable. Vous me direz, je suis un français qui aime les françaises, quoi de plus logique, j'ai été élevé à ce petit lait là. Mais les françaises brisent l'ambiance des filles bien faites, elles sont belles sans ça. Les françaises ont de la gueule. Je ne parle pas de ces connes nourries à la télé-réalité ou à ce fameux chanteur qui n'est pas français mais qui nous les brise menu encore plus depuis que le président de notre pays est un furieux amouraché de ce gueulard sans éthique. Nan ! Je parle des tronches cassées, des beaux visages tristes, des névroses magnifiques qui habillent comme aucune lingerie. J'aime les filles qui souffrent et qui font souffrir. Sans ça, il n'y a rien.

La quatrième.

Il va y en avoir beaucoup, jusqu'à ce qu'on me rappelle à autre chose. Pour l'instant je suis seul et j'écris n'importe quoi.