lundi 2 novembre 2009

J'entends les paroles des têtes bien faites brailler, ô chant de la vie. Les belles s'arrangent, et les cœurs qui s'affolent, en ribambelle de rire, virevoltent. Des presque hommes, de grave en pire,
les voix déraillent quand toute la force vive des corps nouveaux cache les maux. C'est qu'il faut être beau pour la photo.
Une lumière arrête alors le souvenir de l'enfance, éclaire la forteresse de solitude, au moment gris du rebours. La joie chaotique, prête à bondir au doux goût des parfums fleuris, a frayé de larges rigoles. Elle a déposé, comme un mauvais limon, une trace noir sous le regard. Sur le visage, autrefois parcouru d'un fleuve vivant, les années de sécheresses ont découvert des affluents secrets. Il ne reste presque plus d'eau, le peu perle aux commissures, teinte la peau tannée, gâche en une dernière goutte le rectangle de papier glacé. Les yeux fardés d'argentique accroche un miroir, le souvenir tombe en feuille morte.

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