samedi 1 août 2009

Prose au désir

Lors d'une journée calme, tanné par le soleil, ébloui par les femmes... Un peu comme aujourd'hui.

Le pavé est un soleil qui chauffe les jupes au coeur
Fait de cette pierre, niais et béat, je regarde le ciel
J'y cherche, dardant philosophe, le vrai et le bonheur
Mais à vos pieds, auréolé comme une chaussée, ma foi s'éveille

Chérubins de peu de moeurs, vos talons
Ajournent, en moi, la raison en persienne
Y filtre, stigmates des piétés de jupons
Une lumière en dentelle bohémienne

L'asphalte en linceul, je suis crucifié
Vos anges frisés pavanent d'un sourire biais
Lorsque mes yeux admirent par le bas
Les tendres papillons qui se déploient

Échaudé, bitume sans molasse
Hume le vent, moite et délicat
Nourrit d'épices et de mélasse
Entre les jambes nues, m'invite au débat

Long lézard, je me prélasse
Le ventre offert à vos pinailles
Sur le goudron, brûlant de piétonnes

L'air qui suffoque en mirage
Offre aux yeux de la rue polissonne
Un autel en miroir où je prie
A la gloire de fluettes lingeries



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